Du 19 au 29 mars 2008 se sont déroulés à l’Université du Ghana à Accra les 12èmes jeux universitaires ouest africains, Waug 2008. 10 jours durant, les Universités d’Abomey-Calavi et de Parakou, représentant le Bénin, ont déployé d’énergie pour remporter pour le Bénin plusieurs titres malgré les conditions déplorables auxquelles elles ont été soumises.

Prévus pour décembre 2007, ce n’est qu’en mars dernier que les West african  universities games ont eu lieu. En une dizaine de jours, près de 50 universités venant du Bénin, du Ghana, du Nigeria, du Burkina Faso, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire ont rivalisé d’ardeur pour décrocher les différentes médailles mises en jeux. Au finish, le Bénin à travers ses deux universités s’en sort avec 31 médailles d’or, 41 d’argent et 4 de bronze.

Un parcours admirable

Tout était orchestré pour réduire la performance des universités francophones. Mais c’était sans compter aveKader_Yarouc la maîtrise et le savoir-faire des sportifs de l’Uac et de l’Unipar. Des matchs étaient programmés à l’improviste et les compétiteurs étaient obligés de jouer. Les sifflets des arbitres étaient dirigés contre les universités francophones dont celle d’Abomey-Calavi et de Parakou. Des intimidations fusaient de toute part. Mais face à ces assauts anti sportifs, les étudiants béninois ont su opposer de la détermination et du savoir-faire. L’équipe de volley-ball hommes de l’Uac a remporté la médaille d’or après avoir remporté tous ses matchs par 3 sets à 0 contre les universités de Ouagadougou, de Legon (Gh), de l’Injs (Rci), de l’OOU (Nig) et de Jos (Nig). Celle féminine quant à elle enlève la médaille d’argent. En handball, les hommes battent les universités de Ouaga, du Ghana (Legon) et de Winneba (Gh) et remportent la médaille d’argent. Leur 3ème match n’était pas allé à terme à cause de la violence de leurs adversaires de l’Obafemi Awo University (Nig). Ce match fut considéré comme perdu par l’Uac. Les handballeuses, après leur décevant 1er match contre l’Université du Nigeria, ont réussi à battre celle de Legon, enlevant ainsi la médaille d’argent. En judo (52kg), l’étudiante Nawal Tigri de l’Uac décroche la médaille d’argent. En lawn tennis, Marc Houngbo et Eric Louis ont obtenu à la suite d’un travail laborieux le bronze. Quant aux coureurs, Fidélia Donhouédé et Bernard Kointatcha respectivement aux 1500 et aux 10.000 m, ils sont  médaillés de bronze. A ce niveau, Bernard Kointatcha au lieu de faire 12,5 tours du terrain (soient 400 m fois 12,5), s’est vu dans l’obligation d’en ajouter un car le compteur lui avait indiqué 11 alors qu’il finissait son 12ème tour. Au triple saut, Sêwa Suru remporte la médaille d’or.

L’Unipar crucifié ses adversaires en football

En football, l’Université de Parakou, conduite par Nasser Tchassama, en pool a battu les Universités de Koudougou (Bf) 1-0, d’ABU Zaria (Nig) 3-1 et fait un nul de 0-0 avec celle de Bouaké (Rci). En ¼ de finale, l’Université d’Ibadan (Nig) après un score vierge de 0-0, fut éliminée par l’Up aux tirs au but (3-2). En ½ finale, c’est l’université de Lagos qui est éliminée par le score de 1-0. En finale, c’est devant près de 6000 supporters ghanéens que l’équipe de Legon fut terrassée aux tirs au but par l’Unipar (4-3) après un score de 1-1 partout à la fin du temps réglementaire. Ce fut la désillusion totale au rang des étudiants de l’Université du Ghana. L’or a choisi se réfugier à Parakou, au grand bonheur des universités francophones qui ont supporté le Bénin.

Ces différents succès ont été obtenus, non pas seulement dans la joie mais aussi dans des conditions pitoyables.

Junior Djimassi-Somion, la révélation de la Waug

Dire que l’Uac a marqué les esprits avec son 5ème rang en basket-ball semble étonnant. Mais c’est pourtant vrai. Déjà dès son premier match contre l’équipe hôte, l’Université du Ghana, Junior Djimassi Somion a étalé à la face du public de Legon toute son habileté en matière de basket. Très tôt, sa performance a éclipsé la défaite qu’a subie l’Uac. Ils étaient tous tombés des nuages de voir un Béninois jouer comme des professionnels du NBA. Cet exploit lui vaudra sûrement un contrat professionnel car des recruteurs ont été intéressés par lui. Junior est la révélation béninoise de la compétition et mérite d’être suivi.

Un service militaire pour les Béninois à Legon

Les conditions de départ de Calavi ne présageaient pas d’une bonne moisson. Annoncé pour avant 8h pour d’aucuns et, pour l’après-midi pour d’autres, les trois bus n’ont bougé qu’à 24h. Ce qui inexorablement a épuisé et abattu le moral de bon nombre des athlètes. Une fois à Legon au Ghana, la délégation béninoise comme celle du Burkina Faso n’a eu d’hébergement. Cette situation a perduré six jours durant avant que le bruit des responsables étudiants béninois ne conduise le comité local d’organisation à trouver un logement qui n’a pu contenir que la moitié de la délégation de l’Uac. Entre temps, l’Unipar avait été envoyée loger à une vingtaine de kilomètres de l’Université du Ghana où déroulaient les jeux. Le reste de la troupe a squatté des vestibules, des antichambres et autres endroits inappropriés. Pour manger, il fallait chaque fois faire une trentaine de minutes dans les rangs avant d’avoir la chance de calmer le ventre si entre temps les assauts répétés d’infiltration, d’embauche et de brutalité des Nigérians n’avaient pas émoussé les espoirs. A tout cela s’ajoutait le fait que chacun se devait d’être attentif, même dans le sommeil pour ne pas se faire piquer un objet. Les cinq moins attentifs sont rentrés sans leur téléphone portable. Les conditions d’hébergement et de restauration laissaient à désirer. Cependant cela n’a nullement freiné l’ardeur des Béninois.

Comme pour saluer les ‘’héros’’, les sportifs ont été reçus le 1er avril dernier à l’Infosec de Cotonou. Ce fut l’occasion pour le Dac du Ministère de l’enseignement supérieur, le Dg/Cenou et le Recteur de l’Uac de leur présenter toutes leurs félicitations. Pour réaffirmer leur efficacité à l’autorité, les volleyeurs hommes ont remporté le trophée du tournoi de la solidarité qui s’est déroulé en fin avril au Burkina Faso.