04 avril 2008
Concours Miss Hecm 2008
Aïcha Essoue-Bokpè élue reine de beauté
Le concours de beauté « Miss HECM » édition 2008 a connu son épilogue le samedi 10 au centre international de conférence de cotonou. Au terme, Aïcha Bokpè a été désigné la plus belle fille de l’année, de la haute école.
Aïcha Essoue-Bokpe, étudiante en première année de Marketing Action Commerciale, a été couronnée
miss Hecm 2008. A ses cotés Baldine Tchogninou, étudiante en première année de communication d’entreprise à Abomey-Calavi, et Annick Migan en Comptabilité de Gestion année de Bts à Porto-Novo, respectivement première et deuxième dauphine. Ces dernières ont été reconnues comme étant les meilleures beautés de la haute école. Outre le jury mis sur pied pour la circonstance, le public aussi a participé activement à la désignation de celles-ci. Aïcha a été dotée d’une moto ‘’Djenanan ‘’ Sy 100. C’est le premier prix attribué à la miss à l’issue du concours de beauté féminine de cette année. Les deux dauphines ont eu chacune un poste téléviseur et d’autres lots très importants. Il est à noter que toutes les autres filles qui se sont présentées à l’élection miss de cette année ont eu des bourses d’étude et d’autres lots de consolation. Au cour de la soirée, il a été noté la présence effectif du Directeur général de Hecm M. Ake Natondé avec à ses cotés son ami et collègue le Directeur Général de l’Upib Formation. Plusieurs artistes étaient aussi de la partie en occurrence DJ région qui a fait le déplacement depuis la capitale.
Léila TOGBE
Intervention des femmes dans le domaine musical
L’émancipation par la voix malgré tout.
Si dans certains domaines de la vie sociale au Bénin, les femmes tardent à s’affirmer, il en est autrement quand on considère l’univers de la musique. En effet, elles constituent un nombre non négligeable de femmes à trouver leur voie et à se faire une renommée par l’usage de leur voix. Et l’opinion publique béninoise est de plus en plus convaincue que l’émancipation des femmes passe aussi par là. Même si c’est un chemin plein d’embûche.
10 février 2008. Los Angeles accueille la 50ème édition des Grammy Awards, l’équivalent américain des victoires de la
musique. Au nombre des nombreux heureux du jour, une africaine, une béninoise, Angélique Kidjo. En effet, après plusieurs tentatives, la diva béninoise remporte enfin le Emmy Award dans la catégorie du meilleur album world music contemporaine grâce à son dernier album Djin Djin. Pour elle, c’est la consécration. Pour son pays, une reconnaissance internationale. En effet, ce prix vient une fois encore reconnaître le talent de celle qui se révèle aujourd’hui comme une fierté béninoise. Car il faut le reconnaître, grâce à sa voix Angélique Kidjo est progressivement devenue une star internationale et compte des centaines de millions de fans. Aujourd’hui, Auteur, compositeur et interprète, elle est l’une des rares artistes africaines à avoir percé outre-atlantique. Toute chose qui lui a valu le poste d’ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef et fait d’elle une porte voix pour l’Afrique et pour les peuples qui y vivent. Et elle est loin d’être la seule. Car de son côté, après plusieurs années de carrière plutôt réussie où elle a toujours su mettre sa voix au service de la cause des enfants, Zeynab peut être fière aujourd’hui de se retrouver dans le cercle restreint des ambassadeurs de l’Unicef. Et quand les deux héroïnes se retrouvent autour de la même cause dans leur pays d’origine, on est en droit d’être fier d’être béninois. De Zouley à Rek Souza, sans oublier Madou et Princesse Esther qui ont représenté notre pays aux Koras Awards, à Fallyssa qui a reçu en 2007 le trophée de meilleure artiste béninoise au Black Music Award, en passant par Krystell (Christelle Guédou, de son vrai nom) qui décroche le premier prix à la dernière édition de Star Promo, les artistes béninoises se frayent petit à petit un chemin dans l’univers musical du Bénin. Si à l’échelle mondiale et africaine, on compte les femmes musiciennes par centaines voire milliers, au Bénin elles sont de plus en plus nombreuses ces femmes qui émerveillent et qui rivalisent de talent avec les hommes.
Corriger les mœurs, une mission sociale
"Je pense que la musique est la seule manière de guérir la peine et de rassembler. C'est un langage au-delà des couleurs, des nations et des cultures. Je veux inspirer une réflexion profonde sur la pauvreté, la liberté et la famille.". Cette déclaration lisible sur le site officiel de Angélique Kidjo montre le rôle ô combien important que les femmes artistes jouent. C’est d’ailleurs ce qu’elle fait à travers son titre "Agolo" qui est une invite à la protection de l’environnement. Comme elle et à l’instar des hommes, les femmes se servent de leur voix et de leur talent pour aborder les maux qui minent la société. Tandis que la plupart d’elles chantent et vénèrent l’amour (Fallyssa, Dona Chanvoedo, Kêmy etc.), d’autres n’hésitent pas à peindre dans leurs œuvres musicales des fléaux sociaux. Ainsi, Zouley aborde dans l’une de ses chansons les méfaits de l’excision et invite ses compatriotes à cesser de telles pratiques. Ella martins, quant à elle, déclare une guerre farouche contre les coureurs de jupon, les infidèles. C’est en tout cas le message qu’elle véhicule dans son clip "No more pains", clip dans lequel on la voit gifler un homme, une attitude source de polémique. Mais pour l’artiste, c’est ce que mérite les hommes infidèles et les coureurs de jupon. C’est aussi une guerre contre les coureurs de jupon et les hommes infidèles que mènent à travers certaines de leurs chansons Love Affo et Zouley Sangaré. Pour elles, les femmes ne doivent plus être considérées comme des objets sans valeurs. De ce fait, elles méritent respect et considération.
Dure d’être artiste musicienne
Si elles font le bonheur de bons nombres de mélomanes, il n’en demeure pas moins qu’être artiste est très difficile pour les femmes. Elles doivent supporter le regard que porte sur elle le public qui les prend parfois pour des femmes de mœurs légères à cause de leur habillement. Mais, explique Fallyssa, « la musique est un métier contraignant pour la femme qui exige qu’elle soit tout le temps belle et parfois un peu sexy. Et cela prête à confusion. ». En effet, pour plaire au public, les femmes artistes n’hésitent pas à "mettre en valeur" leur corps à travers les clips ou les concerts qu’elles animent. Mais ce n’est pas sans conséquences. Car à l’opposé de l’homme, la femme artiste est sujet à des avances de toute part. « Moi par exemple, explique Fallyssa, je ne peux pas aller chercher de sponsors. Car dès que tu t’assois, on voit d’abords ta beauté, tes beaux yeux, bref ton beau corps avant ton talent. Et quand ça commence comme cela, c’est que c’est mal parti ». A cause de ces "atouts naturels", les femmes artistes subissent des assauts de toute part. Des fans attirés par l’appât d’une beauté irrésistible aux partenaires adeptes du "gagnant- gagnant", elles n’ont de cesse d’être dérangées. Mais si Fallyssa a eu la chance de ne rencontrer jusqu’ici que des hommes responsables et galants pour comprendre qu’elle est déjà mariée (et mère de trois beaux gosses), certaines artistes ont la malchance de tomber sur des prétendants qui ne pense qu’à jouer et à jouir. De l’autre côté, elles doivent aussi faire face à leur devoir d’épouse et de mère de famille et prier pour avoir un mari (compagnon) assez compréhension pour les aider dans leur "métier". Ce qui est pour certaines un véritable frein à l’expression totale de leur talent. Mais en général, les artistes béninoises se sont fait une place dans le domaine musical. Et tentent petit à petit de se rendre incontournable et ainsi de gagner leur émancipation.
Joël HOUNKPE / Sabine KAKPO / Eustache AGBOTON
La femme dans les affaires publiques
Du mythe à la réalité
(La gente féminine sort de son cocon)
Considérée des lustres durant comme sexe faible, la femme était jadis considérée comme une mineure dans les temps anciens. Ce qui lui empêchait plusieurs droits inhérents à la personne humaine. Fermée au foyer, dominée et assujettie à tous les caprices machistes, elle prendra petitement conscience de son état et réussira à se hisser au rang des hommes, autrefois dominateur.
Considérées comme un bien, une chose ou tout au moins une servante, le statut de la femme va connaître une pluralité de titre de l’histoire antique jusqu'à la période contemporaine moderne. Ecartée de la gestion de la cité, apanage des hommes, la femme, chargées du foyer se verra petit à petit à l’extérieur de son cocon pour enfin, comme c’est le cas aujourd’hui, avec l’homme, parler, discuter et participer à l’édification de la société.
Dans la Grèce antique, les femmes n’avaient pas droit aux débats dans les agoras elle n’étaient pas autorisées a prendre la parole en public. Cette manière de faire va longtemps durer avant de connaître ses premières atténuations avec les luttes féministes. Les pays purement religieux frappés du sceau d’une certaine théocratie vont être un véritable obstacle à cet état de fait. En effet, comme dans le christianisme, l’islam, et autres religions la femme ne saurait être rangée au même enseigne que l’homme. La vie en société n’étant faite que de rapports de force; les femmes instruites désormais pendront conscience de la marginalisation et de l’abus en leur encontre et mèneront des luttes héroïques. Le 20ième siècle marquera le début d’une ère nouvelle avec l’acquisition du droit de vote, la reconnaissance du droit à l’éducation publique et le rôle prépondérant de certaines femmes en politique et dans d’autres domaines non moins importants. Le mouvement évolutif de cette situation qui semble bien prendre de l’ampleur finira par installer la femme à la même place que l’homme pour en faire désormais une véritable actrice dans la gestion de la cité et du monde
Désormais elles gèrent le monde…
Jamais les femmes n’auront excellé en politique comme en ces temps-ci et tout semble bien aller. C’est le temps des femmes directrices, députés, maires, ministres et présidentes; on en compte plus d’un aujourd’hui. L’une des premières femmes qui portera le titre de présidente de la république fut Suhbaataryn Yanjimaa, présidente par intérim de la Mongolie de septembre 1953 à juillet 1954. On verra encore une femme présidente intérimaire en Argentine: Isabelle Martinez en 1974. Actuellement neuf femmes sont présidentes de leur pays: le Libéria seul pays d’Afrique avec Ellen J. Sirleaf. C’est le cas au Chili, aux Philippines, en Finlande, en Lettonie, en Irlande, en Suisse et enfin Argentine avec Cristina Kirchner depuis décembre 2007. Outre celles-ci, d’autres encore à de hauts postes de responsabilité dirigent des affaires d’Etats et du monde. On retiendra parmi elles Angela Merkel, Chancelière d’Allemagne, la première puissance européenne et la troisième du monde. Condolleeza Rice, Secrétaire d’Etat de la première puissance mondiale ; elle est aujourd’hui l’une des meilleurs diplomates du monde. D’autre encore, pas forcement au pouvoir, tiennent la vie politique de leur pays. Marie Elise Gbedo au Bénin, Simone Ehivet Gbagbo, vice présidente du Front Populaire Ivoirien, parti au pouvoir en Côte d’Ivoire. Hillary Clinton chez les démocrates aux Etats des Unis, Ségolène Royal à la gauche française ou Sera Diallo, syndicaliste guinéenne redoutée par le président Lansana Conté sont des exemples. Au nombre des pays féministes le Rwanda est réputé mondialement pour ses efforts en matière d’égalité des sexes. Son parlement compte 48,80 % de femmes devant celui de la Suède. L’Espagne détient quant à elle le record en matière d’égalité avec le gouvernement de José Luis Sapatéro qui compte 8 hommes pour 8 femmes. Mais cette situation globalement reluisante et encline d’espoir échoue dans certains pays où la vie politique reste encore une destination interdite ou dangereuse pour la femme. C’est le cas de l’Afghanistan de la Thaïlande, de l’Arabie Saoudite … Toute fois l’essor de la résonance féministe en politique devient de plus en plus intéressant et novatrice. Les femmes sont créditées d’une certaines confiance qui laisse entrevoir un plus bel horizon pour la femme dans le domaine. Mais, en dehors de son incursion dans la politique, la femme s’est aussi illustrée dans d’autres domaines.
La femme en science et culture
Lorsqu’il s’agit de parler de la science et de la culture l’impression première qui a toujours prévalue est que ces domaines sont les champs de prédilection des hommes. Ainsi donc le complexe d’infériorité des femmes a toujours fait qu’elles s’y intéressent le moins. Pourtant certaines d’entre elles ont su braver cette « injustice » pour se hisser au rang des plus reconnues de la planète. Avec Pierre Curie, Marie Curie (1859-1906), physicienne française est connue pour ses travaux sur la radioactivité. Elle se consacre aux applications de la radioactivité, en particulier dans le domaine thérapeutique. Elle crée en 1914 l’Institut de Radium de Paris (rebaptisé Institut Curie en 1978). Elle participe aussi à la fondation d’un institut spécialisé dans la médecine utilisant les rayons X (radiothérapie). Pendant la première Guerre mondiale, elle organise le premier service radiologique mobile. Elle obtient en 1903 le prix Nobel de physique, devenant la première femme à obtenir un prix Nobel. Elle récidive en 1911 par le prix Nobel de chimie. Courageuse comme Marie Curie pour les questions scientifiques, Valentina Terechkova , la première femme cosmonaute s’envole le 16 juin 1963 à bord de Vostok 6 et effectue 48 révolutions (tours complets ) autour de la Terre .Comme en science maintes sont ces femmes qui ont émergé en culture. En France, Catherine Deneuve est l’une des actrices les plus populaires du cinéma depuis les années 1960. Le cas de la musique est élogieux. Angélique Kidjo est la plus célèbre des musiciens béninois. Avec Zeynab Habib, elle est ambassadrice de l’Unicef, ce qu’aucun chanteur du Bénin n’a jamais été. En Afrique, on citera avec brio la diva Sud Africaine Myriam Makeba. Elle fait partie des rares musiciennes d’opinions qui ont su soulever des peuples pour la liberté et l’égalité entre les humains. La Québécoise Céline Dion et la cap verdienne Cesaria Evora sont également d’autres sommités de la musique. En littérature, les femmes ont plusieurs fois fait preuve de maturité dans leurs écrits. On évoquera les noms comme le prix Nobel de la littérature Nadine Gordimer de l’Afrique du sud, Simone de Beauvoir et biens d’autre encore…Toute ces choses confirment combien la femme est ingénieuse et efficace lorsque elle décide de s’adonner à quelque chose allant jusqu'à frapper de faux ceux qui les traitaient de sexe faible.
Et également en sport elles séduisent
Les femmes n’ont presque plus besoin de démontrer quelque chose dans ce domaine. Autant elles participent autant elles y excellent. Leurs détermination et performance ont contredit les plus lourds préjugés. Laila Ali, fille de Mohammed Ali, charismatique boxeur américain, est une excellente boxeuse de loin meilleure à certains hommes. En athlétisme on en compte plusieurs l’ex championne française Marie José Perec, Eunice Barber, Maria Mutola et autres. On retrouvera encore les femmes en football avec de superbes équipes comme le Brésil, le Nigeria, le Ghana, l’Allemagne. En tennis, Amélie Mauresmo, les sœurs Venus et Cerena Williams ont de quoi séduire un public. Et pour illustration l’histoire retiendra Florence Arthaud comme étant la première femme navigatrice à remporter une course transatlantique. Avec les vertus qui l’ont caraterisée et ses engagements, la femme est devenue aujourd’hui une interlocutrice complète, une actrice incontournable et désormais il s’avère indispensable d’en tenir compte.
Il est désormais clair que la femme a sa pierre à apporter à l’édifice lorsqu’il s’agit de penser au développement. Mais avant, il lui ffaudra de l’abnégation comme ce fut le cas pour Elln J Sirleaf, présidente du Libéria. Ainsi, affirme t-elle dans une interview à jeune Afrique (n°2421 du 3 au 9/06/07) que « Pour être présidente, une femme doit avoir toute les qualités d’un leader, le même niveau de compétence, d’engagement et de courage qu’un homme, voire d’avantage…, la sensibilité féminine donne une autre dimension à la fonction. »
Par Leila TOGBE / Médard A DOSSOUMOU / Akim IDRISSOU
Femmes en politique au Bénin
Réservoir électoral, absentes des débats
L’animation de la vie politique au Bénin constitue une problématique à double facette. C’est surtout l’affaire des hommes. Les femmes n’interviennent que seulement en qualité d’agents électoraux. De positionnement à des postes politiques, pas question.
Samedi 16 février 2008. Seize heures. Un grand bruit venait de se laisser entendre dans l’arène politique nationale. Jérôme Dandjinou, précédemment Chef de la circonscription urbaine de Cotonou, et actuel directeur général du Port autonome de la même ville est candidat. Du moins, il est très désiré et suscité pour se mettre sur la ligne de départ des élections communales, municipales et locales qui devront se tenir le 13 avril prochain. Une foule nombreuse était donc au palais des sports du stade de l’amitié pour amener l’homme à accepter d’être d’abord candidat. Au nombre de ces milliers de personnes présentes à ce meeting politique, se retrouve presqu’aux 4/5ème, des femmes. Sinon plus. Elles étaient présentes, nombreuses, déterminées à atteindre leur but. Et ce n’est que le début de leur longue marche aux "soutenances". Toute cette période durant, et au long de la campagne, elles joueront ce rôle. Appelant celui-ci à être candidat, celui-là à être conseiller, un troisième à être maire… C’est connu ; elles l’ont fait et le feront encore. Le jour du scrutin, elles sont également les premières et les plus nombreuses à remplir ce devoir civique.
Elles ne se soucient guère de l’effectif de leurs compatriotes sœurs en lice pour ces échéances électorales. Ce n’est pas une préoccupation. Même leur rareté aux postes politiques semble passer comme un fait normal.
Au gouvernement, on retrouve six ministres femmes. Au parlement, avec les suppléances, huit députés sont du sexe féminin. Deux records. A la Haute la Cour
La Marina
Comme pour manifester leur volonté d’occuper la plus haute fonction étatique, une génération de femmes en vient à n’avoir son regard dirigé rien que vers le la Marina. Si
Palais de
Les femmes et les partis
La présence des femmes dans les formations politiques continue d’être un fait extraordinaire. S’il est une femme responsable de parti qui est bien connue au Bénin, c’est bien Rosine Vieyra Soglo, Député à l’Assemblée nationale depuis la première législature et ancienne première dame. Plusieurs tentatives de gestion de parti politiques par les femmes ont été faites mais en vain. Derrière leurs actions, se cachaient presque toujours des mains masculines. Mais « maman » elle, s’est illustrée par son caractère fort et imposant ainsi que son langage souvent franc et direct. A l’avènement du régime du changement, une autre formation politique dénommée Frap est enregistrée avec pour patronne Hortense Yahouédéhou. Mais très tôt, ce mouvement s’est fondu dans la grande alliance Force cauris pour un Bénin émergent.
Joël C. TOKPONOU
Univers médiatique au Bénin
La représentation de la femme au scanner
La démonopolisation de l’univers médiatique en 1990 au Bénin a réveillé chez une multitude de personnes la passion au métier de journalisme. Hommes et femmes se sont donnés davantage plus que par le passé en vue de dénoncer les tares de la démocratie nouvellement acquise. Très peu de femmes s’y en ont occupé. Et pour cause, le métier soit stressant et exigeant.
La presse béninoise n’est pas masochiste. La femme est valorisée dans le contenu des médias malgré leur nombre insignifiant. Pourtant certaines femmes sont promues par la presse lorsqu’elles se distinguent. Il y en existe aujourd’hui de bien connues qui ont été « fabriquées » par les médias. En effet, la présence des femmes dans les rédactions reste attachée à certaines émissions ou rubriques : santé, beauté, sport, éducation, société, mode, cuisine. Dans le secteur de l’audiovisuel, elles sont plus représentatives pour la simple raison qu’elles estiment rester au micro et plus se faire voir à la télé. L’autre aspect qui excite les femmes dans ce sens est la finesse de leur voix à capter l’attention de l’auditoire. A l’Office de radio et de télévision du Bénin (Ortb) par exemple les femmes présentatrices du journal télévisé ont fait preuve de leur talent apprécié par plus d’un. Là, les femmes ont émergé à travers certains postes de responsabilité occupées tels que directrice de télévision et de radio, rédactrices en chef et même quelques unes ont intégré des institutions et organisations de presse comme l’Odem et l’Upmb . Il faut rappeler que cette promotion a commencé seulement à partir de 2005. Par ailleurs du côté de la presse écrite, le constat est amer, car les femmes sont presque absentes. Elles n’occupent pas non plus des postes de responsabilité au sein de leur organe. A la date d’aujourd’hui, seule Mme Reine Azifan a pu occuper le poste de Directrice de publication au sein du journal publique de l’Etat béninois « La Nation ». Celles qui s’intéressent au métier de journalisme le font par passion et même parfois par manque d’emploi comme l’indique Valentine Bonou, une stagiaire du quotidien « Le Matinal ». Dans l’audiovisuel, selon le Baromètre des médias Africains (Bma), la présence de la femme s’améliore alors qu’elle est insignifiante dans la presse écrite. Dans la répartition des tâches rédactionnelles, certains responsables évoquent des questions de disponibilité et de sécurité de la femme pour la confiner dans les seconds rôles, des rôles beaucoup moins exigeants. Mais cette situation de la femme dans les médias ne doit pas être dissocié des pesanteurs sociologiques qui pèsent sur elle en général. Selon les statistiques du Pnud sur l’état de la population active, seuls 30% de femmes exercent le métier de journalisme au Bénin et environ 25% de ce pourcentage sont enregistrés au niveau de la presse audiovisuelle dont 5 % sont actives dans le domaine de la presse écrite.
Reine Azifan, Une référence dans la presse écrite
S’il est une femme qui a su s’imposer dans le milieu de la presse écrite par la force des choses et par son acharnement au travail, c’est bien Reine Azifan. La quarantaine environ, épanouie, aimable, elle est dans sa treizième année dans la presse écrite. Très tôt, elle était attirée par le métier de journalisme puisqu’il fallait connaître sa carrière envisagée dès le début du collège. Déjà au collège, elle ambitionnait devenir journaliste à la radio. Après l’obtention de son baccalauréat série littéraire, elle obtint une bourse d’étude pour Moscou. Alors, elle s’inscrit à l’Université d’Etat (Russie). Durant des années, elle suit des cours théoriques et pratiques. Puis elle revient au pays avec son Master option radio. De la Radio Moscou Internationale en passant par l’Office de Radio et Télévison du Bénin, elle finit par se retrouver au journal ‘’La Nation.’’ Madame Azifan estime qu’elle ne se plaint pas dans la presse écrite. ‘’ Je trouve que la presse écrite peut être encore mieux à certains égards parce que si j’avais choisi la radio, c’est parce que j’ai pensé au moment de ma formation que la radio est le moyen qui nous permet d’atteindre le plus grand nombre de personne parce que l’Afrique c’est l’oralité.’’ Lors de cet entretien à nous accorder elle pense également que le nombre de femmes dans la presse béninoise est faible. ‘’ Lorsque vous avez dix organes de presse et huit femmes sur le terrain ; ce n’est pas synonyme de plus de femmes. Les femmes ne durent pas dans la presse à cause des difficultés.’’ Elle regrette aussi de ne pas voir les femmes sur tous les fronts surtout dans les reportages de guerre. Car c’est un métier de terrain. Dans ce métier, il y a des contraintes comme tout autre métier de la vie humaine. En abordant l’aspect d’autres références dans les médias et plus précisément la presse écrite, elle nous confie ceci ‘’ je n’en connais pas beaucoup. Celle qui constitue pour nous une doyenne et qu’on reconnaît comme une des premières femmes dans la presse écrite notamment au quotidien ‘’La Nation’’ anciennement ‘’Ehuzu’’, je crois madame Gisèle Adissoda qui est actuellement au Pnud.’’ D’ailleurs, elle le constate si bien que c’est difficile de donner des exemples en matière de femme référence presse écrite. Par conséquent, pour relever le défi, elle encourage les femmes à être dans ce métier.
Renverser la tendance…
Renverser la tendance qui tient à genou la femme dans le domaine de la presse partout. Ce serait l’idéal. Même si elles n’ont pas le courage d’affronter cette profession, surtout avec les difficultés financières que connaît ce domaine. Elle passerait alors par l’engagement personnel, la formation universitaire, le courage, la persévérance. Pour ne pas s’en plaindre donc, ces conditions sont nécessaires. Ce qui permettra de prétendre aux postes responsabilités dans les médias. Au regard des défis actuels et des enjeux du moment, il est même indispensable pour les femmes d’avoir la volonté, d’organiser et de participer à des formations pour relever leur niveau de représentation dans les médias .Au Bénin des organisations de presse qui existent n’ont pas inséré pour le moment un programme d’activité allant dans le sens de la sensibilisation des femmes au métier de journalisme. Le REVELATEUR, un des organes de la presse universitaire béninoise s’évertue dans ce sens depuis 2007 à travers le projet intitulé « Presse au femmes et développement ». Ce projet exécuté au mois de mars dans le cadre de la journée internationale de la femme a d’ailleurs pour objectif principal d’initier des activités visant à exhorter les étudiantes et à renforcer leurs capacités dans le domaine du journalisme. Car les organes de la presse universitaire restent et demeurent les seuls centres de formation au Bénin approprié au métier de journalisme.
Faible représentativité des femmes en Afrique
L’absence des femmes dans la presse africaine ne cesse d’interpeller la conscience des observateurs avertis. Cette situation ne date pas d’aujourd’hui et ne résulte pas sans doute du néant. Elle est le reflet des difficultés qui minent les médias en général, particulièrement la presse écrite. Absente quand l’information aborde certains sujets tels que la politique, l’économie, l’agriculture …la femme plutôt que les hommes prend la parole quand l’information a trait au corps, à la maison et à la beauté. Selon les différents rapports sur la femme dans la presse dans le monde, seules 18 % des femmes sont à la source des informations (Rapport de Global Media Monitoring). Au Bénin, 30% de femmes exercent le métier de journalisme et environ 5 % sont actives dans le domaine de la presse écrite. (Statistiques du Programme des Nations Unis pour le Développement sur l’état de la population active). Ces chiffres montrent clairement que la représentation des femmes est faible. Et pourtant les femmes représentent plus de la moitié de la population. De l’Afrique Australe en passant par l’Afrique Occidentale, les femmes ne représentent qu’un pourcentage inférieur à 46 %. Par contre, elles trouvent les meilleures opportunités, celles de présentatrices dans les médias audiovisuelles. En Zambie par exemple 63% des femmes exercent dans les audiovisuelles. Mais elles n’y exercent que pour une durée limitée à cause de leur âge. On le remarque dans les pays anglophones comme le Botswana, l’Afrique du Sud, Zambie, Angola.
Afoéguda Augustin
Bénin : les braves femmes dominent le commere !
Elles sont des milliers et très actives à contrôler les activités commerciales au Bénin depuis des années. Du grand marché de Dantokpa à Cotonou au marché Azèkè de Parakou en passant par les centres commerciaux des coins et recoins des villages et quartiers de ville la détermination et le zèle restent de mise et comme récompenses des chiffres d’affaires non moins confortables.
Un enfant à califourchon, un panier remplis de baguettes de pains de blé dans la main gauche et l’autre pour appeler les clients. La jeune vendeuse ne veut rater aucune occasion sous ce soleil ardent. Elle se faufile entre les conducteurs de taxi moto et va de véhicule en véhicule. En réalité nous sommes à l’entrée du marché Dantokpa en venant du carrefour Saint Michel ce 25 Févier de l’année en cours. Quelques pas à gauche et c’est une colonie de femmes qu’on découvre. Sur leurs étalages on en trouve un peu de tout, produits cosmétiques et de consommation, ustensiles de cuisine et autres. Aussi charmantes qu’accueillantes elles ont l’art de convaincre rapidement pour écouler leurs produits. En dehors des discutions d’achats, ne cherchez pas à aborder d’autres sujets avec elles surtout ceux relatifs à leurs chiffres d’affaire. Chez elles le temps c’est de l’argent. Un détour vers le centre du marché. Là ce sont les vendeuses de tomates, gombos, légumes en gros et en détails qui compatissent d’ardeur. Certaines d’entre elles sous l’effet de la fatigue somnolent mais résistent quand même à garder le contrôle des choses. Une jeune vendeuse, la vingtaine environ abordée avec tact nous confie avec un ton plaisantin accompagné d’une tentative de sourire « Laissez tomber, c’est l’argent qui est comme ça, on ne peut rien. C’est pendant la nuit que nous avons fait le voyage et depuis le matin les clients nous sollicitent, on ne peut rien ». Et comme ces femmes d’autres sont des patronnes d’entreprises. Elles sont des milliers et des milliers à tirer leur revenu de ce volet du secteur tertiaire, soit une frange de 80 % des femmes selon la déclaration de l’ancien Ministre Léa Hounkpè au 49ème session de la commission de la condition de la femme (Beijing+10). Si selon les diagnostics et stratégies sur la politique nationale de développement au Bénin rédigés au ministère du commerce, des industries et de la promotion de l’emploi en 2004, le commerce intérieur représente au plus 24% des activités commerciales il reste à préciser que les femmes contrôlent au moins 17% soit plus de deux tiers. Et très travailleuses ces femmes béninoises qui s’adonnent au commerce comme leurs sœurs d’autres secteurs ont environs 02 h 25min de travail plus que les hommes (Selon le rapport Unicef 2007).
Elles sont aussi dans l’informel
Elles ne conduisent pas « ces bombes à trois pneus », elles ne sont pas non plus des « Zémidjanwomen». Mais elles sont au bord des voies pour écouler les produits pharmaceutiques (produits souvent proscrits par le gouvernement), pour vendre de l’essence kpayo. Ces femmes contournent ainsi les obstacles et les vices liés au chômage. Si selon une enquête menée par les instituts nationaux des statistiques des Etats membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine (Uemoa) avec l’appui technique de Afristat et Dial il y a seulement quelques années, 80,3% des Cotonois sont dans le secteur informel, on peut en déduire au vu des facteurs qui conduisent dans le secteur et le poids démographique des femmes qu’elles représentent un effectif écrasant dans le commerce informel. Et ceci parce qu’elles cherchent à assurer l’éducation, la santé etc de leurs enfants sans pour autant attendre leurs maris. Si par exemple selon certaines sources la prolifération du commerce illicite de l’essence kpayo remonte dans les années 80, elle est accentuée par les crises qui ont conduit à la cessation du paiement des salaires aux travailleurs de notre pays tout juste avant la conférence nationale. Les femmes ne pouvant rester insensibles à la situation qui prévalait ont pris les premières d’assaut ce commerce.
Organisées, elles constituent le socle de l’émergence économique
L’Association des Femmes d’Affaires et Chefs d’Entreprises du Bénin (Afaceb) créée en 1988 est l’un, sinon le principal regroupement des femmes menant les activités commerciales et économiques dans le pays. Avec un effectif d’environ 75.000 membres elle continue d’inciter d’autres femmes à la culture d’entreprise. Ce qui fait dire à sa présidente Madame Grâce Lawani dans un entretien accordé à Inter Press Service News Agency (IPS -Hebdo) que « La femme béninoise est en retard en politique mais pas en économie ». De part leur facilité à se regrouper et penser à la prospérité de leurs activités et leur engouement à ne pas faire de faillite et à consacrer les bénéfices issus de leur commerce aux priorités de la famille elles sont devenues les cibles des partenaires étrangers au développement et les institutions de micro finances. C’est le cas de la Financial Bank qui donnent priorités aux femmes à ses services de prêts « Akwè kléun » (petit argent) et « Akwè Djrémè » (argent moyen). Si le premier permet à un groupe de 2 à 3 commerçants de bénéficier d’un prêt allant de 50.000 à 500.000 FCFA, avec la seconde étape elles peuvent atteindre la barre des 3.000.000 de FCFA. D’ailleurs ce n’est pas du hasard si le gouvernement dans son programme actuel dénommé « micro crédits aux plus pauvres » a privilégié les femmes. On les confie souvent sous d’autres régimes passés le ministère du commerce. Comme quoi la femme contrôle parfaitement la situation dans certains domaines au Bénin.
Par Faustin DJOUHOUNDE / Dieudonné HONDOKODO
Et si les femmes étaient des hommes ?
Permettez que je me mette en marge de l’épineuse actualité sur le campus universitaire et de rendre hommage à nos sœurs, nos mères en féminisant ma plume. Non pas que la longue grève des étudiants soit sans importance ou qu’il est une crainte d’effaroucher certains ventres bien nourris en clamant la vérité mais par pure considération pour les femmes en cette journée internationale qui leur est consacrée. « Le Révélateur » célèbre à cette occasion, la deuxième édition des Journées « Presse aux femmes et développement » auxquelles continuent de croire le Fnuap, le Cenou, le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et le Rectorat.
Sans pour autant dévoiler mon modeste combat pour la cause féminine, j’avoue que parfois je me demande ce que serait notre société si elle était matriarcale. Les femmes auront tous les pouvoirs et joueraient un rôle prépondérant. Cependant, je n’ai jamais réussi à déterminer si nous serions dans un monde meilleur que celui dans lequel nous vivons aujourd’hui. Même si l’idée de faire l’expérience me tente chaque jour. Mais les femmes sont-elles prêtent elles mêmes ? En retraçant l’histoire des femmes, de l’Antiquité à nos jours, émerge souvent le sentiment que toute évolution de la condition et du statut social de la femme est dépendante de l’image que l’homme a de son homologue féminin. Certes, en fonction des civilisations, des religions, des contextes culturels apparaissent des changements dans les manières d’imposer à la femme des devoirs mais, globalement, il s’agit bien d’une histoire des contraintes imposées par les hommes.
Malgré leur supériorité numérique, les femmes sont toujours minoritaires et n’ont presque encore pas réussi à "porter le pantalon" dans le foyer. Pourquoi ? Parce que l’ennemi de la femme se trouve être elle-même. Il est aisé de remarquer que la plupart des femmes qui émergent le sont grâce à des hommes et rarement par le biais de leurs paires.
Qu’il me soit permis de louer ici les mérites des femmes qui font aujourd’hui la fierté de notre pays. Je pense à nos femmes ministres (Vicentia Boco, Juliette Koudénoukpo Biaou, Clémence Gnimbèré Dansou, Sakinatou Alfa Orou Sidi, etc), députés, nos maires et conseillères, nos commerçantes, nos artistes et j’en oublie. Peu à peu mais sûrement, les femmes retrouvent leur place aux côtés des hommes. Que ce soit au foyer, en famille ou dans la société, les femmes jouent leur rôle de mère et d’épouse mais également de dirigeante. Et cela leur marche plutôt bien.
Je demeure convaincu que la femme peut avoir l’émancipation ou la parité (en tout cas, elle le mérite) à condition d’y croire elle-même. Qu’elle pourra cesser un jour d’être considérée comme le "sexe faible" (ou "deuxième sexe " comme les nomme Simone de Beauvoir) dans une société qu’elle contribue à maintenir puisqu’en étant la pièce maîtresse. Notre devoir est de les y aider. Alors les femmes seront comme le souhaite Jules Laforgue, un poète symboliste français « nos frères intimes sans arrière pensée d’exploitation » et ensemble nous pourrions nous donner « la vraie poignée de main ».
Joël C. TOKPONOU


